Se il kocek si fa funky
La Kocani Orkestar non scende sotto i centotrenta di metronomo.
Il caotico albero genealogico della fanfara di Kocani, cittadina macedone prossima alla Bulgaria, ci costringe a precisare che si tratta degli undici musicisti che ora incidono per la Crammed piccole perle come il recente "The Ravished Bride". Come da copione anche al torinese Teatro Espace, per la rassegna di Musica 90, i musicisti non hanno affatto voglia di scendere sotto i centotrenta di metronomo se non in rari casi, anzi. L'ingolata e sofferente voce di Ajnur Azizov ha un bel da fare nel frenetico bailamme della fanfara: dopo un esordio al fulmicotone in strumentale, il cantante raggiunge l'Orkestar sul palco per sfoderare quanto più carisma possibile. È sempre un piacere osservarli tutti insieme sul palco: mentre la sezione ritmica di tube e percussioni (uno strepitoso tapan trasparente, per altro, roba di lusso e luminescenza) pompa ben affiatata, i solisti fanno a gara a chi inanella più note. Dalle trombe alla fisarmonica, passando per il clarinetto del "direttore" Dzeladin Demirov, è un inseguimento che si conclude regolarmente con la chiamata dell'applauso da parte del resto del gruppo: gli spettatori del parterre non si tirano indietro. Con gli anni il suono della Kocani, così come quello di altri illustri colleghi, si è fatto più furbo mescolando alle vorticose danze tradizionali kocek o horo elementi swing o persino dance, rendendo i loro eccessi ritmici e melodici quasi funky; in una parola, irresistibili. Merita una parola il "finale nel finale": prima di scendere come tradizione tra il pubblico per l'ultimo giro, la fanfara ha dedicato a Giampiero Gallina il tradizionale sardo "Non potho reposare", momento di altissima emozione. Convertito immediatamente in passione con il "Bombarolo" di De Andrè, una chiamata all'azione a passo di danza.
Daniele Bergesio, Il Giornale della Musica - Ottobre 2009

KOčANI ORKESTAR - The Ravished Bride
Les fanfares balkaniques, un genre que j'affectionne tout particulièrement, a fortiori lorsqu'elles prennent le risque de battre les sentiers plutôt que de se borner au purisme traditionnel. L'exercice n'est pas sans risque et le laborantin lambda a vite fait de sombrer bon gré mal gré dans l'imposture. De fait, s'éloigner des balises originelles tout en conservant le vital substrat, est un véritable tour de force dont seuls quelques rares alchimistes détiennent le secret de la fertilité : citons, dans un registre proche des Kocani Orkestar, l'incontournable Goran Bregovic, et dans un genre tout aussi inspiré mais non issu de la culture balkanique, le prodigieux Beirut– lequel, soit dit en passant, ne tarit pas d'éloges au sujet des Kocani Orkestar qu'il qualifie de "meilleur groupe balkanique" (là, je vous mets sur la voie…). Comme envers toutes choses aimées, les attentes sont décuplées, et peu d'appelés finissent élus. Vous l'aurez compris, "The Ravished Bride" n'a donc pas échappé à mon intransigeance, de sorte que la mention "grande distinction" que je lui délivre n'en est que plus glorificatrice. Oui, Kocani Orkestar est sans conteste un de ces groupes à élever au rang de référence pop-folk-balkanique capable de fomenter de jouissives révolutions viscérales. Car c'est bien la fête qui est au centre de cet amas de gros cuivres, de clarinettes, de percussions, d'accordéons, de cordes frottées, j'en passe et des meilleures. Il y a cette voix, aussi, admirablement portée par le jeune et non moins talentueux Ajnur Azizov, lequel apporte cette épaisseur qui manquait à la formation exclusivement instrumentale des débuts. Aujourd'hui, les Kocani Orkestar parviennent à conserver l'authenticité des racines populaires, sans pour autant se priver d'y adjoindre les bienfaits d'incursions multiculturelles. C'est ainsi, par exemple, que la formation – pour rappel, d'origine macédonienne - n'hésite pas à reprendre un classique mexicain ("La Llorona"); à s'abandonner joyeusement à des arrangements de guitares tout aussi dissonants que bien calibrés ("Sahara Dreams"); ou encore, à s'essayer à de belles esquisses jazzy ("Divanosko"). Pour finir, j'épinglerai le tubesque "Hajde Te Kelas" dont la vertu euphorisante est si intense qu'il habite aujourd'hui la sonnerie de mon portable. Le hic, c'est que depuis lors, j'ai du mal à décrocher. Et, contrairement au titre, cela ne ravit pas ma mariée.
David Vertessen, POPNEWS - Novembre 2008